vendredi 26 octobre 2012

Munich, jour 24 (Vendredi 26 octobre) : Fragments

Dans le cadre d'un travail en groupe absurde, pour un séminaire non validable, et que j'avais décidé suivre par pure curiosité, il m'est demandé de m'intéresser au commerce extérieur allemand et aux relations de dépendance que l'Allemagne entretient avec ses partenaires commerciaux.
Je m'intéresse particulièrement aux médicaments, et je m'entoure de chiffres intéressants auxquels j'essaye de donner du sens : le prix moyen de la tonne exportée est par exemple deux fois supérieur à celui de la tonne importée (70 000 € contre 35 000 €). L'Allemagne importe donc des produits pharmaceutiques pour peu cher, qu'elle transforme peut-être ensuite, et qu'elle revend alors très cher. Elle importe ainsi près de 400 000 tonnes de produits pharmaceutiques à la France, exporte 70 000 tonnes vers celle-ci, alors que la valeur en Euros des importations et des exportations est identique...
Autre chiffre "intéressant" : le prix moyen de la tonne exporté en Libye est de 14 000 € ; celui de tonne vendue aux USA de 280 000 €. Pour les uns, une tonne de produits ultra-basiques, aux autres des médicaments ultra-sophistiqués ?
(Mon analyse, rédigée en allemand, me semblait peu claire; finalement, rédigée en français, elle ne l'est peut-être pas tellement plus...)

Je suppose que ce travail ne débouchera sur rien, et que personne ne pourra répondre aux interrogations qui sont les miennes à présent...
Surtout pas l'enseignant, animateur de séance plutôt que transmetteur de savoirs... Dommage.

Pour discuter de nos contributions respectives, mes comparses et moi-même nous sommes donné rendez-vous à l'Université, à midi. Quels Français accepteraient de se retrouver de 12 à 14h ?! Mais quand est-ce qu'on mange ? - Eh bien on ne mange pas : le petit déjeuner doit permettre de tenir jusqu'au soir.

L'enseignant avait demandé qu'une jeune fille soit "Projektleiterin", afin de lutter, à son petit niveau, contre la sous-représentation féminine à des postes de responsabilité.
J'avais considéré sa remarque avec un sourire. Jusqu'à remarquer qu'effectivement, les trois jeunes hommes du groupe ont vite fait de prendre les choses en mains, sans vraiment prêter grande attention aux deux jeunes étudiantes Erasmus que nous sommes.

Moment amusant ?
Alors que je raccompagne M., grand, costaud et très barbu, une voiture klaxonne : "Meine Mutter !" s'écrie-t-il, me plantant là pour courir rejoindre sa Maman. L'image est plutôt cocasse.

Il avait toutefois eu le temps de m'expliquer pourquoi l'institut de sciences politiques de Munich lui semblait fonctionner en dépit du bon sens : les professeurs y défendraient une ligne de pensée assez unique, recrutés et soutenus par leur directrice... ancienne Allemande de l'Est, partisane convaincue de la SED, envoyée par le Parti enseigner à Moscou. Qui eût parié que l'institut de sciences politiques de Munich fût marxiste ?




En soirée, "Mädchenabend" dans un restaurant mexicain. Trop de gens, trop de bruit, je rêve de quelques frites, mais dans le calme.

Phrase du jour :
 "Sincèrement, je préfère manger au Mac Do dans le calme que dans un bon restaurant hyper bruyant." (Silence. Regard consterné de ma voisine)

2 commentaires: