Ce matin, le soleil darde ses premiers rayons, réchauffant tant nos chambres que nos coeurs. Il eût été regrettable de ne pas honorer cette invitation de la Nature elle-même ; c'est ainsi que j'enfourche mon désormais fidèle destrier et m'envole pour le centre historique munichois.
Les voitures sont rares : en raison de la trêve dominicale, du marathon de Munich, ou simplement par hasard ? J'erre à travers le dédales de ruelles, découvrant d'innombrables petites boutiques à l'allure attirante.
Je pédale jusqu'à la Frauenkirche, que je n'avais pour l'instant qu'aperçue. Malheureusement, l'une de ses tours est en réfection, de sorte que je ne peux poster la photo-classique de l'église munichoise par excellence : il faudra vous contenter de l'intérieur (et/ou de wikipédia).
Un gigantesque Christ en Croix est suspendu au-dessus du choeur, comment pour susciter un violent repentir. Ce dimanche, l'ambiance est toutefois plutôt à la louange : les chants grégoriens d'un choeur de six hommes s'élèvent avec force, et m'impressionnent terriblement.
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| Benedikt XVI Erzbischof von München und Freising 1977-1982 |
Sous le soleil, la Marienplatz est elle-aussi remarquable, quel que soit l'angle choisi. Je cherche à capturer quelques rayons de soleil, en prévision des jours de grisaille, et en pensant aux Alsaciens sous la pluie :




A midi, nous finissons avec plaisir nos quelques restes (de qualité, tout de même : saumon, pain allemand exquis et fromages français) : dès ce soir, nos repas, nos desserts et même notre Cola-Cola (Oh ! Bonheur !) seront pris en charge par les trois cuisiniers-cuisinières.
En fin d'après-midi, nous avons la chance de bénéficier d'un billet qu'une jeune Maximilierin a réservé pour nous : Concert d'orgue à la Michaelskirche.
L'église est splendide, l'acoustique extraordinaire, et le concert impressionnant.
Willibald Guggenmos, Domorganist St. Gallen, interpète les morceaux suivants :
* BACH : Praeludium et Fuga in c BMW 546
* Franz LISZT : Saint François d'Assise (La prédication aux oiseaux)
Saint François de Paule marchant sur les flots
* Thierry ESCAICH : Modéré Méditatif
Implacable
* Pierre COCHEREAU : Berceuse à la mémoire de Louis Vierne
* Louis VIERNE : Final aus der Symphonie op. 47
Evidemment, les morceaux les plus classiques sont aussi les plus faciles à apprécier... Je suis particulièrement séduite par les deux légendes de Liszt, que j'avais déjà entendues jouées au piano à l'ENS : ici, elles permettent d'entendre la vaste étendue de tonalités qu'autorise l'orgue.
Même si les morceaux plus modernes me laissent songeuse (quoique non méditative), "Implacable" est saisissant, résonnant dans cette église remarquable.

Nous rentrons à pieds, échangeant nos impressions à propos le concert, tous les huit, et arrivons à la Stiftung juste à temps pour nous préparer en vue de la "Party" qui a lieu ce soir.
D'autant qu'il est inutile d'espérer bénéficier de quelques minutes de répits : dès 18h28, tous sont assemblés dans l'escalier, plus chics les uns que les autres, attendant le directeur qui fait son apparition à ... 18h33.
Celui-ci met un point d'honneur à nous accueillir, les uns après les autres, dans la salle des fêtes ; je me présente à lui, ne l'ayant encore jamais rencontré, et perçois que quelque chose le chagrine. Il s'explique : il a un doute quant à la façon dont on prononce mon nom de famille. Une telle attention me touche.
Son discours de bienvenue est empreint de sincérité et de chaleur. Il énumère les conditions indispensables à des études réussies : Neugierigkeit, Bescheidenheit, Zusammenleben, et nous souhaite d'en faire l'expérience à la Stiftung.
Lorsqu'il appelle chaque nouvel arrivant, pour le présenter à la communauté, on cherche où a été oublié le Choixpeau magique de JK Rowling.
Après un discours plein d'humour des 2 Haussprecher et du Haupthaussprecher, le buffet est ouvert : le goût et le bon goût semblent s'être alliés, dans cette maison, pour rendre ces moments inoubliables :
Pendant le repas, je fais la connaissance des autres étrangers : deux Italiennes, deux Anglais, un Espagnols ; leur allemand est impressionnant, et leur sympathie plaisante.
Après le repas, nous partons tous explorer le Parlement bavarois, toutes lumières éteintes :
Passage par la salle où siège le Parlement : B. se prend pour Monsieur le Ministre-Président de Bavière, tandis qu'E. se lance dans une diatribe à l'encontre de la FDP, sous nos applaudissements fournis (Wahnsinn!):
Clou de la soirée : déambulations sur les arcades, et vue magnifique sur la ville de Munich en pleine nuit. (Impossible à immortaliser sur photo, malheureusement).
La soirée se clôt de manière très différente en fonction des convives. Certains choisissent de danser des danses de salon malgré la Playlist non adaptée (des mouvements de valse non ridicule sur "Moi Lolita" d'Alizée, et des pas élaborés sur "Whenever, Wherever" de Shakira ?! Je crois avoir entendu ces musiques lors de la seule et unique boum à laquelle j'ai jamais été invitée, à l'âge de 14 ans, mais je n'aurais jamais cru ce type de gesticulations possibles sur de tels "mélodies) ; d'autres préfèrent des danses plus modernes, sur une play-list concurrente ; les derniers, dont je suis (sans aucun doute - évidemment- cela va sans dire - et puis quoi encore), préfèrent admirer la grâce dont les premiers font preuve.
Etre assis dans un canapé confortable, face à un tableau qui ne déshonorerait pas le Louvre et deux pianos à queue dont la majorité des convives sait se servir, en contemplant les pas assurés des danseurs est tout à fait surréaliste.
Mes photos sont un peu floues : je ne voulais pas donner raison trop ostentatoirement à E., qui souriait à l'idée que nous observions les protagonistes de la soirée "wie in einem Zoo."
"Das kann ich nicht sagen", ai-je en effet répondu. ... avant de corriger : "Das darf ich nicht sagen!"
Cette soirée était exceptionnelle, et je suis heureuse d'avoir eu la chance de pouvoir prendre part.
Phrase du jour :
"Machen Sie das Beste aus sich, aus Ihrem Studium und aus der Stiftung."
* * * * * *
BONUS :
"Il est plus facile à une femme de franchir la ligne d'arrivée du marathon de Munich qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille."





















Père Castor, raconte-nous le dimanche ! Et la "Party"!
RépondreSupprimerJ'adore le mot "Haupthaussprecher":si tu sais dire ça sans problème, tu as au moins le niveau B1 ! (VG)
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