Ce dimanche s'écoule lentement.
Le repas est excellent (wie immer...), ma chambre confortable, et mon travail pas inintéressant.
Pas d'élément perturbateur, pas de schéma narratif.
Seulement cette découverte de Tonio Kröger, que je lis à la fois à moitié en allemand et à haute voix pour profiter des mots, et en cachette en français, pour en profiter différemment.
"Il ne travaillait pas comme quelqu'un qui travaille pour vivre, mais comme qui ne veut rien faire d'autre que travailler, parce qu'il ne compte pour rien en tant qu'être vivant, ne veut être considéré que comme créateur, et le reste du temps va et vient, terne et insignifiant, semblable à l'acteur débarrassé de son fard qui n'existe que lorsqu'il est en scène.
Il travaillait en silence, enfermé chez lui, invisible et plein de mépris pour les petits écrivains dont le talent n'était qu'une parure de société, et qui, riches ou pauvres, circulaient, sauvages et débraillés, ou bien exhibaient des cravates recherchées, pensaient avant tout à couler des jours heureux en aimables artistes et ignoraient que les oeuvres bonnes ne naissent que sous la pression d'une vie mauvaise, que celui qui vit ne travaille pas, et qu'il faut être mort pour être tout à fait créateur."
Dans l'après-midi, des nouvelles de France et de Paris parviennent jusqu'ici : c'est bon de parler français ; le mien paraît quelque peu s'effacer...
J'ai également l'occasion de le réactiver en soirée, lors du "cours de conversation"en langue française. Nous parlons de ce qui paraît surprendre les Allemands : ces cérémonies du 11 novembre, de la Légion d'Honneur, du coup de boule de Zidane et de la pluie récurrente lors des apparitions du Président de ces temps. Est-ce cela, la culture nationale ? la connaissance de ces mini-détails au premier abord bien insignifiants ?
Le cours de français se clôt sur quelques notes de Bayerisch.
Voici un même texte, en trois versions différentes :
[Nieder-Niederbayrisch]
Wolln mäyn
Wenni wass
Dassi woss douw, wossi douw mouw
Wassi dassi dess wossi douw mouw
Bessä duowerd
Wennis douw
wollerd
Waali wossi wüll
bessä douw
Wäy dess wossi
mouw
[Bayrisch]
Wenne woas,
dase wos dua, wose doa muas,
woase dase des wose doa muas
bessa doa dad
wennes doa wain dad
weile wose wai bassa dua
wia des wose muas.
[Hochdeutsch]
Wollen müssen
Wenn ich weiß
das ich was tue,
was ich tun muss,
weiß ich, dass
ich das, was ich tun muss,
besser tun würde,
wenn ich tun
wollte,
weil ich was ich
will besser tue
als das was
ich muss.
Phrase du jour :
"Weil ich immer Bayrisch spreche, habe ich immer den Eindruck, dass die anderen mich komisch anschauen, wenn ich Hochdeutsch spreche. Als ob ich mich über sie lustig machen würde."
* * * * * * * * *
Le tigre, comme animal symboliquement fédérateur ?

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